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2020-08-15 09:55:13
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BUCHPRUFER CONSULTANTS LLP: TEAM LEAD / SENIOR AUDITOR / AUDITOR   

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Salary will be based on experience & qualification.: BUCHPRUFER CONSULTANTS LLP: ACCA member / Affiliate with relevant experience in IFRS,financial statement formats & CaseWare. Calicut, Kerala, India

          

Kerala Lottery Results 15-08-2020 Lottery Result   

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Kerala State Lotteries is a lottery program run by the Government of Kerala. Established in 1967, under the lottery department of the Government of Kerala, it is the first of its kind in India. In 1967 all private lotteries were banned and the Government of Kerala started the Kerala State Lotteries. The idea behind the setup of the new department was from the then Finance Minister of the state, P. K. Kunju Sahib. The objectives of starting the program were to provide employment to people and supplement government finance without disturbing the public. The department soon became a model for

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Covid-19 en Inde : une catastrophe annoncée   

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Dans tous les pays, la crise sanitaire du coronavirus met en lumière les inégalités sociales existantes et les exacerbe. En Inde, c’est un drame sanitaire et un drame humain qui se joue à grande échelle.

Avec 1,3 milliard d’habitants, six fois plus étendu et vingt fois plus peuplé que la France, ce pays, très inégalitaire, consacre moins de 1,2 % de son PIB aux dépenses de santé et 90 % des emplois relèvent du secteur informel, sans aucune protection sociale. Plus de la moitié de la population y vit avec 1,35 dollar par jour. 

Le confinement, un piège laissant sans ressources

Le nombre de personnes qui dépendent d’un revenu au jour le jour est énorme, aussi le confinement total de trois semaines de l’ensemble du pays déclaré par Modi, premier ministre indien, le 25 mars est un drame humain parce que du jour au lendemain des centaines de milliers de travailleurs pauvres se sont trouvés sans revenus et sans aucun moyen de subsistance.

Malgré le confinement imposé et l’interdiction de se déplacer, des travailleurs migrants se sont rués vers les gares de bus pour tenter de rejoindre leurs villages dans d’autres États et faute de transports, sont partis à pied, pour rejoindre leur famille, augmentant le risque de propagation du virus à l’ensemble du pays et dans des zones rurales où les accès aux soins sont les moins développés. A Dehli, des hommes, qui travaillent d’ordinaire dans le bâtiment, chargés de l’entretien des rues, conducteurs de rickshaw (tricycle utilisé pour le transport de personnes ou de marchandises), des femmes, des enfants sont partis à pied sur les voies rapides désertes de la capitale pour rejoindre l’Uttar Pradesh. Les ouvriers journaliers de Delhi seraient estimés à au moins 1,5 million. Au dernier recensement de 2011, les migrants d’autres états représentaient 6,3 millions de personnes qui correspondent à 40 % de la population de la ville de Dehli. Le 24 mars, le ministre en chef de Dehli, nouvellement élu, a annoncé le versement ponctuel d’une indemnité de subsistance à hauteur de 5000 roupies [60 euros] pour ceux qui sont inscrits sur les listes du Comité d’action sociale des ouvriers du bâtiment de la ville, soit 300 000 membres.

Les forces de l’ordre appliquent les consignes de chasser les habitants de la rue, très brutalement et les contrevenants reçoivent des coups de lathis, cette longue matraque en bois de la répression indienne. Certains ont même été humiliés et forcés de marcher à quatre pattes pour ne pas avoir respecté le confinement.

Qu’est-ce que cela veut dire être confiné quand votre maison a pour toit le ciel, que votre refuge est sous les piliers d’une autoroute, que vous n’avez pas accès à l’eau, que vos toilettes sont les rails de la voie de chemin de fer ? Les habitants qui sont restés dans leurs bidonvilles viennent grossir les points de distribution que le gouvernement a fini par organiser en catastrophe : bonbonnes de gaz, nourriture… Le plan d’urgence, opérationnel pour trois mois, vise à garantir l’approvisionnement en nourriture des 800 millions de personnes les plus démunies, dans les villes, mais également dans les campagnes. Chacune d’entre elles va avoir droit, à compter du 1er avril, à « 5 kg de riz ou de blé et à 1 kg de lentilles de leur choix par mois », les aliments de base en Inde. Les sommes promises semblent trop “modestes” : 6 euros par mois aux femmes seules, 24 euros aux agriculteurs…

Le système de santé indien peut-il faire à une éventuelle explosion de cas de coronavirus ?

Le premier cas de Covid-19 est apparu en Inde le 30 janvier dernier, dans l’État du Kerala, suite à des retours de Chine, puis de pays infectés. L’interdiction d’entrer sur le territoire indien a d’abord concerné les Chinois puis étendue à tous les Européens. Des cas sans relation directe avec des voyageurs sont apparus. Le 10 mars, des cas étaient recensés dans onze États. 

De nombreux États ont adopté le confinement et parfois imposé un couvre-feu. Ensuite, le gouvernement fédéral a suspendu les transports publics, fermé les bureaux, les lieux de culte et limité au strict nécessaire les déplacements, pour finalement imposer un confinement total. 

En Inde, L'accès aux soins est cher, pas seulement pour les pauvres mais aussi pour la classe moyenne qui ne possède pas d'assurance. Selon la Banque mondiale, il y a 0,7 lit d’hôpital pour 1 000 habitants, soit six fois moins qu’en Chine, sans parler du nombre de lits d’isolement et l’on recenserait 70 000 lits équipés en matériel respiratoire pour une population d’1,3 milliard1. Le nombre de kits de dépistage en Inde est limité, le nombre de masques également. Quelques hôpitaux privés ont mis en place des unités Covid-19. Les services publics de santé sont fréquemment dans un état précaire. Il y a eu un faible taux de dépistage, faute de kits de dépistage. En Inde aussi, le constructeur automobile Mahindra & Mahindra est sollicité pour construire des respirateurs, il est même accusé de copie illégale au nom de l’urgence nationale. Les contraintes matérielles sont d’autant plus immenses, liées au gigantisme et aux inégalités.

Modi cherche à contrôler l’information sur l’épidémie de Covid-19

Mardi 31 mars, à la demande du gouvernement central, la Cour suprême a exigé des journalistes, qu’ils se réfèrent exclusivement à la version officielle de la situation : Plus de reportages, plus d’informations liées au Covid-19. La raison serait d’« éviter la diffusion d’inexactitudes » susceptibles de provoquer « une panique à grande échelle ». Alors que les rumeurs et les superstitions, la haine dirigée contre une partie de la population, peuvent provenir du gouvernement lui-même ou de ses soutiens.

La vérité est qu’il ne veut aucune critique de sa gestion de crise, notamment la situation d’urgence alimentaire et sanitaire pour les migrants internes à l’Inde. Le 13 mars, le gouvernement annonce qu’il n’y a pas d’urgence sanitaire. Le 19 mars, il annonce un confinement pour un jour, le dimanche 22 mars. Puis le 24 mars, il annonce un confinement total pendant 3 semaines, sans dire comment avoir accès aux denrées alimentaires et aux médicaments durant cette période. Et ensuite, comment les travailleurs sans revenus pouvaient avoir accès à un besoin essentiel : se nourrir, sans organiser les chaînes d’approvisionnement des services essentiels.

Les 13-15 mars, un rassemblement religieux musulman de 4 000 personnes venues de toute l’Inde a contribué à la diffusion du virus. Les 17 et 18 mars, 40 000 pèlerins hindous ont fréquenté un temple dans le Sud de l’Inde. Mais les nationalistes ont délibérément utilisé le premier de ces deux rassemblements pour diffuser leur poison nationaliste et discriminatoire envers les musulmans, en les accusant d’avoir contribué à répandre le virus, alors que le gouvernement n’avait pas interdit tout rassemblement considérant toujours qu’il n’y avait pas d’urgence sanitaire, pour finalement se contredire le lendemain. Un magazine en ligne, The Wire, avait dénoncé un rassemblement pendant le confinement avec la présence du ministre en chef de l’Uttar Pradesh, un yogi hindou extrémiste, proche de M. Modi. Son rédacteur en chef fait l’objet d’une enquête par la police. Ce dimanche, à la demande de Modi, pour unir la « nation », les Indiens devront éteindre l’électricité pendant 10 minutes et allumer les bougies, les portables. Cela ne les protégera pas de la catastrophe qui s’abat.


          

Inde : colonisation, transfert de pouvoir et partition    

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« L’Inde n’est plus aujourd’hui celle de Jawaharlal Nehru ou de Gandhi, mais est celle de Narendra Modi. Si nous avons le signal, nous les éliminerons en l’espace d’une heure. » Le parlementaire BJP de l’Haryana, Leela Ram Gurjar, s’exprimait ainsi le 25 décembre pour s’attaquer aux musulmanEs et aux opposantEs de Modi. Des propos haineux en explosion depuis des années, malheureusement parmi d’autres, mais représentatifs de l’ambiance que l’extrême droite cherche à imposer en Inde, avec l’objectif proclamé de poursuivre la partition religieuse et ethnique du sous-continent inachevée en 1947, malgré les guerres et massacres ayant fait plusieurs centaines de milliers de mortEs et des millions de déplacéEs musulmans, hindous et sikhs. 

Soulèvements et mouvement national indien

La Grande-Bretagne, via la Compagnie des Indes orientales, impose à partir du 18e siècle monopoles, réorganisations de la propriété foncière, famines, conquêtes et exactions. À la suite de la conquête du cœur de l’empire Moghol en 1856, une révolte militaire soutenue par les élites musulmanes et hindoues expropriées et les populations locales met plus de six mois à être matée. La Couronne britannique décide de contrôler directement la colonisation et de diviser les populations locales sur des bases ethniques et religieuses pour maintenir sa suprématie. De nouvelles identités apparaissent. L’hindouisme se redéfinit par rapport à la colonisation et l’islam, à travers les festivals religieux autorisés par les Britanniques, l’invention du mythe de la vache sacrée et les violences intercommunautaires autour de cette question1

Les élites locales, parfois soutenues par les Britanniques, s’organisent. Aux dizaines de millions de morts des ravages de la colonisation, s’ajoutent des soulèvements de la population, particulièrement après la révolution russe de 1905. Les derniers moments de la Première Guerre mondiale et les années qui suivent sont celles d’un nouveau souffle de contestation populaire. Grèves dans les villes, spécialement à Bombay où 1,5 million d’ouvrierEs font grève en 1920, et révoltes dans les campagnes alarment colons et élites indiennes. Parti de la bourgeoisie indienne, le Congrès dirige lui-même un mouvement de révolte (Non-coopération) associant musulmans et hindous en 1920-1922, avant de le saborder devant les risques de révolution sociale. En février 1922, la répression de paysanEs pacifistes dans le village de Chauri-Chaura entraine une révolte violente de ces dernierEs. Gandhi appelle immédiatement à un arrêt du mouvement de Non-coopération, les leaders du Congrès critiquent un « comportement inhumain de la foule » et donnent consigne aux paysanEs de payer les rentes dues aux propriétaires et les taxes aux Britanniques.  

Stoppées à mi-chemin, les mobilisations de masse, anticoloniales et sociales, sont minées par des divisions religieuses promues par les colons britanniques et sous des formes différentes par des leaders musulmans et hindous. S’appuyant sur une base plus militante, la Ligue musulmane joue la division avec le Congrès après 1922, alors qu’à la droite de ce dernier l’extrême droite hindouiste s’organise, fondant en 1925 le RSS. 

La tragédie de la partition

Dans ses mémoires, Attlee, Premier ministre travailliste en fonction après la guerre, affirmera que la décolonisation de l’Inde, de Ceylan et de la Birmanie aura permis de mettre un coup d’arrêt à l’expansion du communisme. Pilier de l’ordre social, spécialement en refusant de s’opposer à l’impérialisme à partir de 1941, le Parti communiste d’Inde, influent dans certaines régions comme le Kerala, n’est pourtant pas un danger pour les Britanniques ou le Congrès. Mais la révolte gronde. Peu nombreux, et sous les feux des impérialistes, des staliniens et des bourgeois, des travailleurs du textile, qui revendiquent et portent le drapeau de la Quatrième Internationale, sont les premiers à appeler à la grève générale en soutien aux marins insurgés de Bombay en février 1946. 70 usines de coton sur 74 sont fermées et la révolte ébranle l’appareil militaire. Les staliniens appellent à la fin de « l’hystérie collective » et Gandhi définit « l’alliance d’hindous, de musulmans et d’autres pour des actions violentes » comme « contre-nature ». En juin 1946, un affrontement à Madras entre des gardes musulmans et des ouvriers hindous du textile manque de dégénérer en violences intercommunautaires, mais des militantEs se réclamant du trotskisme réussissent à les éviter. Ils organisent une grève de 14 000 travailleurEs durant 48 jours et un meeting de 100 000 personnes à Madras. Les rapports de forces à l’échelle du sous-continent sont toutefois défavorables à ces militantEs et leurs perspectives. En août 1946, lorsque la Ligue musulmane appelle à l’action directe à Calcutta, les leaders du Congrès appellent à briser la grève musulmane. Des massacres s’en suivent. Les grèves militantes longues perdurent, notamment au Bengale, mais ne peuvent changer le cours des choses2.

Les Britanniques doivent partir plus vite que prévu devant l’ampleur des rébellions et des violences intercommunautaires. Ils enterrent le développement d’une révolution sociale en transférant le pouvoir au Congrès et à la Ligue musulmane. En mars 1948, un trotskiste indien fait le bilan de ces violences : « Dans un pays où exploiteurs et exploités, oppresseurs et opprimés revêtent dans des provinces différentes les visages de communautés différentes, où les paysans et les travailleurs vivent au niveau de la famine et dans la crasse sordide de l’ignorance et du besoin, les sentiments communalistes sont devenus la réponse inflammable à un appel sur la base de la religion. Ils sont devenus également la forme classique par laquelle la classe capitaliste cherche à briser l’unité des masses, les détournant de l’action de classe directe et de l’attaque contre la propriété et en en faisant leurs pions dans leurs propres querelles fractionnelles. »3

Chris Miclos

  • 1. D. N. Jha, The Myth of the Holy Cow, Verso, 2002.
  • 2. C. W. Ervin, Tomorrow is Ours : The Trotskyist Movement in India and Ceylon, 1935-48, Social Scientists’ Association, 2006.
  • 3. H. Mahadevan, Le Mahatma Gandhi : père du capitalisme indien, mars 1948.

          

Inde : la mise à l’œuvre du programme nationaliste hindou   

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Depuis le début de son deuxième mandat en mai dernier, Narenda Modi, le chef du gouvernement fédéral indien, a accéléré l’agenda politique du parti nationaliste hindou avec la mise en place de mesures discriminatoires en modification de la Constitution Indienne.

Révocation de l’autonomie de l’État du Cachemire accordée après l’indépendance, construction de camps de rétention en Assam pour les personnes ne pouvant prouver leur citoyenneté indienne, décision de la Cour Suprême d’autoriser la construction d’un temple hindou sur un site religieux musulman, vote de la loi sur la nationalité accordée sur une base religieuse… Toutes ces réformes appartiennent au programme de l’idéologie Hindutva qui prétend « purifier la nation hindoue » en visant en premier lieu les musulmans.

Mais Modi, le chef du gouvernement fédéral indien, n’a pas à s’inquiéter pour le prochain sommet Union européenne-Inde prévu en mars prochain : les parlementaires européens ont renoncé à voter une condamnation de l’amendement sur la citoyenneté indienne sur des critères religieux. Lors de la visite de Trump en février, le milliardaire et président des États-Unis a vanté la démocratie indienne tolérante et laïque. Un mur cachait le bidonville visible sur sa route, il pouvait regarder ailleurs. Priorité aux affaires !

 

L’arrivée au pouvoir des nationalistes hindous.

Narendra Modi incarne un national populisme d’une longue tradition d’extrême-droite qui a des racines dans les années 1920 et qui a attendu d’accéder au pouvoir par les urnes. À cette époque, l’Association des Volontaires Nationaux (RSS, Rashtriya Swayamsevak Sangh) se donnait comme but de donner une formation militaire, une conscience nationaliste et un sentiment de solidarité hindouiste pour surmonter les divisions de castes en réaction aux musulmans organisés eux en tant que force politique, aux chrétiens et aux partisans du Congrès de Gandhi. Elle s’organise sur le modèle des faisceaux mussoliniens. Elle compte aujourd’hui 3 millions de membres avec des branches dans toute la société dont un syndicat étudiant (ABVP), un parti politique (BJP) qui se veut présentable et des milices qui mènent des actions souvent violentes au nom de la protection de la vache sacrée.

Le BJP ou Bharatiya Janata Party, le parti du peuple indien s’est constitué dans les années 1980 et s’est présenté à de multiples élections. Mais c’est le bilan économique de l’État régional du Gujarat, basé sur l’attraction des gros investisseurs à coup de baisses des charges et de son Premier Ministre Modi pendant quinze ans qui lui a fait gagner les élections nationales de 2014.

En 2014, la coalition nationale menée par le BJP avec le soutien de partis régionaux remporte les élections nationales parlementaires. La Lok Sabha, chambre basse du Parlement désigne Modi comme premier ministre. Son programme pour « l’Inde qui brille » met en avant le développement économique et l’emploi des jeunes, enjeu important pour un pays de plus d’un milliard d’habitants. 

Sur le terrain, très vite, la situation se dégrade. Les militants se sentent pousser des ailes. Entre 2015 et 2018, des actions de « vigilantisme » au nom de la protection de la vache sacrée se sont accélérées. Ces attaques, contre des musulmans accusés de transporter ou de vendre de la viande de bœuf, ont fait une cinquantaine de morts. D’autres campagnes sont lancées contre le « love jihad », colportant l’idée que les hommes musulmans séduiraient les femmes hindoues pour les convertir.

Des élections parlementaires régionales se tiennent sans que le BJP ne gagne, ni ne gouverne ces États : le Madhya Pradesh et le Chhattisgarh, le Rajasthan en 2018, le Jharkhand en 2019. Au Maharastra, c’est son allié, le Shiv Sena, un parti hindouiste régional qui le lâche.

Pourtant en mai 2019, et contre toute attente, alors que son bilan économique n’est pas bon (les promesses de millions de création d’emplois, la détresse du monde paysan, la lutte contre l’inflation, la croissance en baisse), le BJP obtient la majorité de la Chambre basse du Parlement. Il n’a pas besoin des autres partis, de sa coalition, l’Alliance démocratique nationale (NDA), pour gouverner. 

 

Les sept premiers mois du second mandat de Modi

La suppression du statut particulier du Cachemire et la construction d’un temple à Ayodhya ont toujours fait partie des programmes électoraux du Bharatiya Janata Party comme affirmation de l’idéologie du mouvement nationaliste hindou. La Cour Suprême vient d’entériner la deuxième mesure. Cette fois-ci, ils sont mis en œuvre en désignant les plus de 170 millions de musulmans indiens, soit 15 % de sa population, comme cible. 

Le gouvernement a amendé l’article 370 de la Constitution et mis fin au statut spécial du Cachemire, en le plaçant sous la tutelle du gouvernement central. Le territoire a été mis sous couvre-feu militaire, les hommes politiques cachemiri ont été arrêtés et emprisonnés, comme tous ceux et celles qui pouvaient protester, le blocus des nouvelles et d’internet a été total pendant 165 jours pour éviter toute rébellion. 

En Assam, peuplé de 32 millions d’habitants et frontalier du Bangladesh, le gouvernement ne reconnaît la nationalité indienne qu’aux personnes dont les parents y résidaient avant le 24 mars 1971, soit la date officielle de l’indépendance du Bangladesh. Des tribunaux ont été spécialement créés. Les plus pauvres sont fragilisés et leurs économies disparaissent dans cette quête de preuves de leur nationalité. Sont considérés comme immigrés illégaux des résidents qui ne peuvent la prouver avec un certificat scolaire, un titre de propriété, etc. Sur près de 1,9 million de personnes omises de la liste du registre national des citoyens (NRC - National Register of Citizens) de cet État, publiée en juillet 2018, environ 1,2 million étaient hindoues. Amit Shah, nouveau Ministre de l’intérieur et anciennement président du BJP, a qualifié les immigrés illégaux d’« infiltrés » et de « termites ». Pendant la campagne électorale, il avait promis qu’un gouvernement nationaliste « cueillera les infiltrés les uns après les autres et les jettera dans le golfe du Bengale ».

Avec le vote à la mi-décembre sur l’amendement à la loi sur la nationalité (CAA - Citizenship Amendment Act), la naturalisation de citoyens de pays étrangers est « facilitée », mais exclut les réfugiés musulmans du processus de régularisation. La nationalité est accordée sur des critères religieux. Seuls les hindous, sikhs, jaïns, bouddhistes, chrétiens, parsis, originaires d’Afghanistan, du Pakistan et du Bangladesh persécutés dans leur pays pour leur religion et arrivés en Inde avant 2015 peuvent demander leur régularisation. Les Amadis au Pakistan, les Tamouls ayant fui le génocide au Sri Lanka, les Rohingyas de Birmanie, etc. en sont exclus.

La citoyenneté basée sur des critères religieux s’attaque à des principes fondamentaux de la Constitution « séculariste », Le CAA rompt avec les principes de laïcité et d’égalité, encourageant formellement une attitude bienveillance de l’État à l’égard de toutes les communautés religieuses. Cette attaque vise tout d’abord les musulmans mais également les pauvres, comme l’exemple de l’Assam l’a montré. C’est ce qui a déclenché une réaction importante tout d’abord parmi les musulmans et ensuite parmi d’autres couches de la société, notamment des castes inférieures hindoues.

 

Une contestation massive

Depuis décembre dernier, la dernière mesure a généré des mobilisations massives en Inde de la part de citoyens indiens, de confession musulmane ou non. Le mouvement de protestation vise à contester l’utilisation de la religion comme critère d’accès à la citoyenneté. Depuis la partition de l’Empire Britannique, les musulmans sont sous-représentés dans la police, l’administration, l’armée et dans le champ politique. Les commentateurs parlent de mobilisation jamais vue depuis 1975 en intensité et en durée.

Des campus universitaires, déjà en lutte contre l’augmentation des loyers, ont démarré la contestation contre le CAA. Après le 19 décembre 2019, après l’attaque d’une université musulmane de Dehli par la police, des femmes d’un quartier proche se sont mobilisées car elles connaissaient un voisin, un fils victime de cette répression. En signe de protestation elles ont bloqué une route et installé un campement tout en se relayant jour et nuit, dans le froid, refusant de bouger sauf à obtenir justice. Le quartier de Shaheen Bagh est devenu un centre de la contestation grâce à la mobilisation de ces femmes musulmanes de tous âges et de toutes conditions qui l’occupent. Il a essaimé dans d’autres quartiers de Dehli et dans d’autres villes d’autres États. À Calcutta au Bengale, à Bombay, dans l’État de l’Uttah Pradesh, des manifestations importantes se sont déroulées. Le 24 décembre des manifestations monstres ont mobilisé 12 à 13 millions dans tout le pays contre le gouvernement. Le 8 janvier, une grève nationale a mobilisé 200 millions de personnes contre le chômage et la précarisation de l’emploi, mais également contre cette loi du CAA. Le 26 janvier, une manifestation monstre a eu lieu à Shaheen Bagh à New Dehli. Des associations de Dalits (“Intouchables”) ont rejoint le mouvement. Des manifestants dénoncent les centres de détention en construction en Assam, se revendiquent de Ambedkar, militant contre les discriminations entre castes et rédacteur de la Constitution indienne.

Des États ne veulent pas de cette loi, jugée discriminatoire contre les musulmans. Les États du Bengale-Occidental, Punjab, Kerala, le Bihar ont annoncé qu’ils ne l’appliqueront pas. Certains parlementaires de partis alliés du BJP l’ont pourtant voté. Or, normalement, un État régional doit appliquer une loi votée par le Parlement national. 

 

L’État encourage la violence contre ses opposants

« Être antinational », « heurter les sentiments de la nation », faire acte de « sédition » sont lancées à la figure de toutes celles et ceux qui osent critiquer Modi et son gouvernement. Les ténors du BJP venus participer à la campagne électorale à Dehli en janvier ne s’en sont pas privés. Le ministre en chef BJP de l’Uttar Pradesh s’est exprimé violemment contre les protestataires du CAA en disant qu’ils « devraient être tués comme des chiens »

À Delhi, ce sont deux facultés qui ont été attaquées : l’une, Jamia Millia Islamia, musulmane, a été mise à sac par la police, l’autre, Jawaharlal Nehru, centre séculariste et militant, par des nervis sous l’œil indifférent de la police. Des individus masqués, membres sans doute du syndicat étudiant ABVP proche du RSS, ont attaqué les étudiants, professeurs et militants de l’université JNU de Dehli. Les rescapés et victimes parlent des violences non seulement pour terroriser, mais pour causer des blessures mortelles. 

Dans l’État d’Uttar Pradesh, c’est le chef du gouvernement régional qui incite à la haine et au lynchage depuis son arrivée au pouvoir dans cet État en 2017. Les affrontements ont fait vingt-cinq morts. Les manifestations contre la nouvelle loi sur la citoyenneté ont été durement réprimées par la police qui a attaqué et saccagé des maisons et qui a été félicitée.

Dans des quartiers populaires du nord-est de la capitale New Delhi, pendant trois jours fin février, des partisans et opposants de la loi sur la citoyenneté se sont affrontés. Ces attaques se sont déroulées après qu’un dirigeant du BJP ait annoncé qu’il fallait que les rues soient « nettoyées » des manifestants anti-CAA et qu’un sit-in de protestation ait été ciblé par les nationalistes hindous. Des bandes d’hommes brandissant des bâtons, jetant des pierres ou des bombes à essence, criant des slogans à la gloire du dieu Ram ou « L’Hindoustan aux hindous », ont attaqué des boutiques commerçantes musulmanes, les tentes des protestataires du sit-in et ont roué de coups des musulmans. À ce jour, ces émeutes très violentes ont fait 34 morts et 330 blessés dont certains par balles. La police aurait été prise de court ou n’aurait pas anticipé les forces nécessaires ou aurait laissé faire et même été complice.

L’Inde est coutume des violences intercommunautaires meurtrières, comme dans l’État du Gujarat en 2002 ou à Dehli en 1984. Là, le gouvernement peut reprendre la main sur les manifestants protestataires à l’aide du couvre-feu. Après avoir allumé la mèche, lâché ses chiens et regardé le feu brûler, il utilise l’armée au prétexte de rétablir l’ordre.

 

wEt maintenant ?

Le gouvernement BJP va-t-il continuer dans la surenchère et la répression ? Va-t-il continuer à utiliser les forces militantes du RSS contre les protestataires ? 

Le CAA fait partie du programme du BJP. Modi a le soutien des conservateurs hindous, des castes supérieures qui sont au pouvoir malgré la discrimination positive envers les castes inférieures. La politique des nationalistes hindous a toujours été de dresser les castes inférieures hindoues contre les musulmans. Il le fait également en invoquant la menace sécuritaire et l’ennemi extérieur contre le Pakistan musulman. 

Va-t-il réussir alors que la situation économique est dégradée ? L’inflation a atteint 4,6 % fin 2019. La publication du taux de chômage avait été retardée après les élections. La baisse du développement économique a déjà généré des problèmes sociaux, notamment parmi sa population jeune. 

Dans cette politique, Modi a-t-il le soutien des milieux d’affaires ? Certes, l’agitation et les manifestations sont mauvaises pour le business. Les capitalistes indiens veulent la croissance alors que les prévisions sont à la baisse. Les tentatives de redynamiser l’économie se font par les investissements dans les infrastructures, la baisse des impôts sur les sociétés, les assouplissements pour les investissements étrangers, l’assouplissement du Droit du travail dans l’économie formelle, les privatisations pour stopper le déficit public comme la société d’assurance Life Insurance Corporation of India (LIC) ou la compagnie aérienne Air India.

La menace est réelle. Si tous les indiens devaient prouver leur nationalité, tous les pauvres ne le pourraient pas. Ce qui fait que des manifestants de castes inférieures s’indignent et protègent les minorités religieuses, pas seulement parce qu’ils croient aux valeurs non discriminatoires de la Constitution, mais parce que les menaces peuvent s’étendre au-delà des seuls musulmans.

Depuis deux mois, des centaines de milliers d’Indiens ont manifesté quotidiennement dans tout le pays contre le projet de réforme de la loi sur la nationalité, mais aussi contre la dégradation de leurs conditions de vie. L’union des classes populaires au-delà des barrières de castes et de religions,c’est l’enjeu des manifestations aujourd’hui et c’est ce que le gouvernement craint.

 

Pour aller plus loin : 

• Les rapports de Harsh Mander, militant des droits de l’Homme.

• « L’Inde de Modi. National-populisme et démocratie ethnique », de Christophe Jaffrelot, Fayard, 2019, 352 p., 25 €.


          

World Bank approves $500 mn education #project for six states   

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#The World Bank has approved a #project worth $500 million to improve the learning outcomes of government schools in six Indian states. The #project, #Strengthening Teaching-Learning and #Results for States Program (STARS), will be implemented in Himachal Pradesh, Kerala, Madhya Pradesh, Maharashtra, Odisha and Rajasthan.

          

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  • The most successful people I've met:

    1. Pay attention to the Large Ships *and* its Many Decks
    2. Check Mirrors then Drive Car
    3. Exalt the Caffiene from Coffee
    4. Inspect Kollam in every Kerala
    5. Inspect Gumbo in every Okra
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    Syro-Malabar Catholicism, Sudeep Thomas’ Faith and Heritage, Naturally Dictates His Actions for a Fair and Better World   

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    “Syro-Malabar Catholicism is part of my identity; it is my culture,” says Sudeep Thomas. “All my life has been connected to it and nothing can take it away from me. It comes with me wherever I go.” Born in Kerala,... Continue Reading →

              

    Listen to Panchavadyam – Temple Orchestra   

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    I did some recordings of Panchavadyam (Temple Orchestra) at Sri Sankarankulangara Temple festival (chuttu valakku) in Thrissur. Panchavadyam (Malayalam: പഞ്ചവാദ്യം), literally meaning an orchestra of five instruments, is basically a temple art form that has evolved in Kerala. Of the five instruments, four — timila, maddalam, ilathalam and idakka — belong to the...

              

    GST For Freelancers & Small Business Owners: 10 Crucial Questions Answered!   

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    GST For Freelancers & Small Business Owners: 10 Crucial Questions Answered!

    GST Council has provided their green signal to the GST roll-out on July 1st. This means that every state has confirmed their readiness and agreement in the pan-India rollout of Goods and Services Tax regime, which will implement one country, one tax rule. Kerala finance minister Thomas Isaac said, “We were discussing the rules and […]

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    Mappila Rhythms, Monsoon Connections   

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    It was mainly the pepper in Kerala, at the southwest tip of India, that lured early traders to ride seasonal monsoon winds across the Arabian Sea. With the mariners came music that mixed with Keralan sounds to become the complex, percussion-driven traditions of today’s Mappila culture.

              

    Fair and honest, whatever the cost   

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    Let’s go back two decades to one of the Taj properties in Kerala. One Sunday morning, a food inspector arrived at the hotel and approached the deputy general manager (DGM) with his intention to inspect the premises. He was promptly invited into the kitchens for his checks. However, he was hesitant. Instead, he said, “If you insist I’ll check. But I am a reasonable person and don’t like to create trouble.”The DGM knew where he was heading and so he said, &ldqu [...]

              

    Sobre colapsos, ecosocialismos y coronavirus (y II)   

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    Sobre colapsos, ecosocialismos y coronavirus (y II)

    En 1988, a instancias de los compañeros “europeístas”, viajé a Estrasburgo para conocer mejor la realidad europea. Querían los compañeros que el presidente de nuestro grupo parlamentario, denominado Comunistas y Asimilados, Gianni Cervetti, me ilustrara sobre la nueva idea que redimiría a Europa. En una cena ad hoc aquel hombre me habló de “la Europa de la igualdad, la de la convergencia social, la Europa de la paz que iba a interponerse entre Estados Unidos y otras potencias”. Una cosa preciosa, rotunda, perfecta. Cuando terminó su exposición le hice la pregunta más elemental: “Todo esto, ¿con quién va a ser posible hacerlo? ¿Con los obreros, con los intelectuales, con los militares… con qué capas sociales?”. Y aquel hombre genial me contestó: “Ah, eso no lo hemos pensado”. Gianni Cervetti estaba vendiendo humo.

    Julio Anguita entrevistado por Julio Flor en Contra la ceguera

    En la primera parte de este artículo se abordaron las consecuencias de la pandemia del coronavirus (como manifestación del colapso) en colectivos que actúan en conflictos sociales y ecológicos en clave sectorial. En esta segunda parte se analizan en colectivos con perspectiva global.

    Cinco aportaciones de la pandemia al conocimiento del colapso

    • • Su naturaleza. La pandemia ha permitido conocer diferentes niveles de gravedad y respuesta según territorios, clases sociales, sistemas políticos, áreas geográficas… Todas comparten características: devastación y muertes focalizadas, personas débiles y/o ya damnificadas entre la mayoría de las víctimas, ausencia de respuestas globales y graves carencias en mecanismos de información e intervención.
    • • El factor sorpresa. La pandemia ha demostrado que un solo elemento, del amplio catálogo de catástrofes activas o potenciales, puede desencadenar una cascada de consecuencias imprevisibles, afectando a la economía, las finanzas, la producción y el consumo de petróleo, los alimentos, los materiales sanitarios básicos, etc. La pandemia no ha sido la única manifestación del colapsodurante estos meses; coincidiendo con la pandemia, y hasta el momento de redactar este artículo, una gigantesca plaga de langostas está destruyendo parte de las cosechas de regiones de diez países de nordeste de África y dos del sudoeste de Asia; el incremento de la intensidad y frecuencia de estas plagas tiene relación con las alteraciones del régimen de lluvias causadas por el cambio climático. Y varios millones de personas podrían morir de hambre en esas zonas en los próximos meses. Para quienes abordábamos el análisis del colapsodesde la visión más mediática (el cambio climático y sus secuelas físicas) o la más oculta (la escasez de energía y sus implicaciones), el factor sorpresa agrega nuevas incertidumbres.
    • • El factor respuesta. Oficialmente, en Europa y parte del mundo estamos ya en la etapa post-pandemia. Estamos en el umbral de otra muestra de sumisión de las instituciones políticas a los intereses de las élites. El dilema personas frente a economíases la manifestación de un conflicto múltiple y más profundo. Cuando los portavoces de las clases dominantes proclaman que la vida es secundaria frente a la economía, invocan sin tapujos la realidad que impera en la periferia del sistema y plantean la exigencia de que las clases acomodadas de los países ricos la asuman completamente; se preparan para el futuro. Mientras, mantienen el discurso oficial del todas y todos.
    • • El factor tiempo. Dos variables, 1) tiempo para que se haga patente la destrucciónen curso y 2) tiempo de reacción socialante la devastación. Pregunta derivada de 1): ¿hay tiempo para mitigar el colapso? Respuesta: no.

    Dos ejemplos de ese “no”: el conflicto sobre la velocidad del cambio climático; entre los informes globales y consensuados del IPCC y los informes de centros de investigación locales hay diferencias sobre la aceleración del proceso. La aceleración está reconocida por la ONU, pero los datos sobre liberación de gases retenidos en el permafrost indican que incluso los modelos más alarmantes se quedan cortos. El factor tiempo también se aplica al coronavirus: existe consenso en que no es la primera pandemia del siglo XXI, en que todas surgen de la destrucción de hábitats (algo intrínseco a la lógica del sistema), pero existen conflictos en cuanto a la duración, la evolución o el tiempo que pasará hasta que aparezca la siguiente.

    Pregunta derivada de 2): ¿hay tiempo para la reacción social adaptativa al colapso? Respuesta: depende. Las clases dominantes disponen de tiempo y recursos (llevan años preparándose y tienen todo lo necesario, como se ha podido comprobar); las clases acomodadas tienen un cierto margen (según el nivel de recursos), y para las clases subalternas sin recursos casi no hay tiempo. Si se traslada esta cuestión a las llamadas regiones ganadoras o perdedoras por el cambio climático, o a las gradaciones de áreas vulnerables, encontramos la misma respuesta en clave territorial: depende.

    • • El principio de precaución. De lo anterior se deduce que a mayor convicción de que aún se dispone de tiempo para mitigar el colapso, menor posibilidad hay de que se haga algo eficaz. O, a la inversa, que la condición para un trabajo eficaz de resiliencia ante el colapsoes asumir que está sucediendo ya y olvidarse de plazos. Concretemos todo esto desde los enfoques globales.

    Respuestas globales

    En 1991 se produjo la primera reacción a un colapso global, el ecosocialismo [1], que planteó las implicaciones de la ciencia ecológica en la política y la economía. Más adelante, a mediados de los 2000, mientras la evidencia del cambio climático se abría paso entre los sectores más conscientes de las clases acomodadas, surgieron los decrecimientos [2]. El ecosocialismo y el decrecimiento siguen siendo, aún hoy, social y políticamente minoritarios, aunque están asumidos por la gran mayoría de las numerosas minorías que impugnan el actual sistema.

    A partir de 2012, la abrumadora evidencia de la degradación ambiental y el sucesivo vencimiento de los supuestos plazos para frenarla sin obtener resultados tangibles (exceptuando la publicación de una cantidad ingente de documentos, artículos y libros) provocaron que el ecosocialismo y el decrecimiento generasen dos líneas de análisis que comparten diagnóstico: ya no hay tiempo. La adaptación profunda proviene del decrecimiento y el colapsismo marxista, del ecosocialismo. Ambas parten de la necesidad de afrontar la peor hipótesis, es decir, la única razonable.

    Consideremos el siguiente texto:

    La Revolución ha muerto. El Socialismo moderno ha fracasado y el comienzo de una era post-moderna de colapso civilizatorio y derrumbe social planetario es inevitable. Tal como en el caso de una enfermedad mortal imposible de detener, nada puede impedir este pronto desenlace. Ni la globalización económica, ni la tecnología o la planificación socialista de la economía pueden ya evitar lo que, si se tiene en cuenta la real gravedad que poseen las actuales crisis ecológica y energética, se presenta hoy como ineludible: el pronto colapso de la sociedad contemporánea.

    “¡Patrañas! —responderá ante esta afirmación el defensor de la libre competencia—. ¡Solamente necesitamos invertir en nuevas tecnologías!” “¡Derrotismo! —increpará desde la otra vereda el militante marxista—. ¡Esto lo solucionamos con la conquista del poder por los trabajadores!” “¡Determinismo! ¡Un ecosuicidio planetario es ciertamente posible —dirá el ecosocialista—, pero asumir su inevitabilidad es puro pesimismo!” ¡Falta de enfoque! —replicará a su vez el defensor del ‘decrecimiento’—. ¡Un colapso no tiene por qué ser algo negativo, sino que aquel puede ser ‘administrado’ en pos de un modelo alternativo de sociedad, constituyendo entonces una ‘oportunidad’!”

    ¿Pero es cierto que el peligro de un colapso civilizatorio inminente […] efecto de la combinación catastrófica de las contradicciones […] del sistema capitalista actual y el avance (ya imparable) de la crisis ecológica, energética y los futuros escenarios de sobrepoblación mundial y escasez planetaria de recursos, puede ser conjurado, esto ya sea mediante el desarrollo tecnológico, la implementación de un sistema económico planificado, el ecosocialismo o el impulso de “modelos alternativos” de sociedad basados en el “decrecimiento”?

    Parte de este debate tiene lugar entre los grupos políticos de América Latina, escenario de los únicos intentos de corregir desigualdades profundas en este siglo XXI. El texto anterior corresponde a un artículo de marzo de 2019 del historiador y antropólogo marxista chileno Miguel Fuentes [3], el más conocido divulgador del marxismo colapsista. A pesar del esquematismo y ausencia de matices, tiene el mérito de la síntesis.

    Para captar los matices que faltan es útil seguir el debate entre Michael Löwy, Antonio Turiel y Miguel Fuentes, desarrollado entre el 14 y el 26 de junio de 2019 (cuya primera y segunda partes se pueden encontrar aquí y aquí). Es ilustrativo el contraste entre las intervenciones breves y evasivas del ecosocialista Löwy, las extensas, agresivas y detalladas respuestas del marxista colapsista Fuentes, y los documentados apuntes del decrecentista Turiel (apoyando con matices a Fuentes). La otra respuesta rupturista, la adaptación profunda, proviene de algunas cátedras universitarias del Norte geopolítico, como veremos más adelante.

    Ahora bien, ninguna de las cuatro líneas (ecosocialismo, marxismo colapsista, decrecentismo y adaptación profunda) integra los conflictos derivados de las desigualdades sociales. Su discurso tiene como destinatario al todas y todos. Es la conocida falacia del somos el 99%, que elude el análisis de las clases acomodadas y de unas clases subalternas definidas por la falta de cobertura de las necesidades materiales básicas.

    Fatalidad no significa parálisis o impotencia

    Variables de la clásica pregunta “¿qué hacer?”. El artículo más difundido de Michael Löwy en los últimos meses (“XIII tesis sobre la catástrofe ecológica y cómo evitarla”) se ciñe al modelo dominante: marco global, recomendaciones genéricas, sin destinatario concreto ni propuestas detalladas; lo mismo sucede, en otro campo, con los cinco principios para la recuperación de nuestra economía y la creación de una sociedad justa del Degrowth New Roots Collective. Como contraste, encontramos la deriva práctica sin reflexión de fondo de Antonio Turiel, en sus apuntes a raíz del coronavirus (“¿Qué puedo hacer yo? II” y su “Hoja de ruta IV”), y las visiones apocalípticas del post-colapso de Miguel Fuentes y sus compañeras y compañeros de web. Ahora bien, para los poderes que mandan sin haber sido elegidos todos esos discursos son humo. Y para quien valore la importancia de las desigualdades sociales también lo son, pero por diferente motivo.

    Acotemos algunas variables del “¿qué hacer?” siguiendo la conversación entre Jorge Riechmann, Emilio Santiago Muiño y Jaime Vindel recogida en “Debate ecologista desde la desesperación”; la conversación continúa el 3 y 4 de mayo, cuando Santiago Muiño plantea la inevitable concreción práctica de lo debatido hasta entonces [4]. Ello provoca un apunte de respuesta en el blog de Jorge Riechmann, el 6 de mayo, en el que desarrolla una postura ética. Veamos:

    Cuando nos percatamos de que ya no hay tiempo, y no obstante no renunciamos a intentar actuar para evitar lo peor de lo peor, ¿qué hacer? Dos grandes opciones:

    1. a) Hacer como si hubiese tiempo, razonando a partir de la incertidumbre: no tenemos bola de cristal, puede haber más margen de acción del que percibimos, etc. (En mi opinión, por aquí se llega rápidamente a la ilusión de solución).
    2. b) Actuar fuera del tiempo, lo que en la práctica quiere decir: dejar de pensar (al menos parcialmente) en términos de eficacia y hacer lo que se debe porque debemos hacerlo, no porque confiemos en que se logrará el éxito.

    […]

    Actuar “fuera del tiempo” tiene además, allende la dimensión moral, una enorme ventaja: permite conectar directamente con las ecoespiritualidades, así tengan base religiosa confesional u otras más laicas. Y esto es importantísimo en un tiempo tan sombrío, tan inductor de desesperanza, como el que vamos a vivir. No me cansaré de recomendar Esperanza activa, el libro de la teórica de sistemas y practicante budista Joanna Macy (junto con Chris Johnstone).

    Pero todo no se puede reducir a la disyuntiva entre un a) y un b) con consuelo espiritual para clases acomodadas. Aquí incide la reflexión de Jem Bendell que, a partir del decrecimiento, introduce su agenda de Adaptación Profunda. He aquí un párrafo:

    En mi trabajo con estudiantes adultos, he encontrado que invitarles a considerar el colapso como algo inevitable, la catástrofe como algo probable y la extinción como algo posible, no ha llevado a la apatía ni a la depresión. En cambio, en un entorno propicio, en el que hemos disfrutado de la comunidad entre nosotros, hemos honrado a ancestros y disfrutado de la naturaleza antes de pasar a ver esta información y sus posibles planteamientos, sucede algo positivo. He sido testigo de una pérdida de la preocupación por ajustarse al statu quo, y de una nueva creatividad sobre la que centrarse para seguir adelante. A pesar de eso, se produce cierto desconcierto que permanece a lo largo del tiempo, a medida que se intenta encontrar un camino para avanzar en una sociedad donde estas perspectivas son poco comunes. Es importante el intercambio continuo sobre las implicaciones a medida que hacemos la transición en nuestro trabajo y nuestras vidas (p. 20).

    Jem Bendell es catedrático de la Universidad de Cumbria (Reino Unido) y el fundador del Instituto de Liderazgo y Sostenibilidad (IFLAS) de esa universidad. Tras varios años participando en eventos de alto nivel para afrontar la crisis ecológica ha acabado siendo crítico sobre su utilidad.

    En resumen, la experiencia aportada por la pandemia apoya una actitud de escepticismo frente a los absolutos; la conciencia de un colapso irreversible, presente, cercano e inmediato, no implica escapismo o parálisis, ni abandono de la búsqueda de una respuesta eficaz con la mirada puesta en el tiempo.

    Conclusiones

    1. Reducir factores de incertidumbre

    Una vez asumida la realidad del colapso, la pregunta es: ¿cómo se materializará? Descartando una catástrofe global tipo guerra nuclear (general o limitada) entre potencias (EE.UU., Rusia, China, India, Pakistán, etc.) cuyas consecuencias son casi imposibles de imaginar, la realidad puesta en evidencia por la pandemia es que las clases dominantes aprovechan el colapso para apuntalar sus intereses geopolíticos. Así pues, afrontar el colapso desde las clases subalternas implica delimitar, concretar y cuantificar impactos territoriales, sectoriales y sociales, que recaen sobre ellas. En el caso más documentado, el del cambio climático, se impone un trabajo de contabilidad de los recursos necesarios para cubrir necesidades básicas [5]. Es el mismo trabajo que se impone en el ámbito de la energía, las materias primas, la reutilización de materiales, etc.; un trabajo en que cada análisis y cada medida se ha de considerar englobando factores como la Tasa de Retorno Energético, las implicaciones de la paradoja de Jevons y el equilibrio producción-destrucción en todo ciclo de materiales, entre otros.

    Reducir incertidumbres supone no dar por asegurada la cobertura futura de ninguna de las necesidades básicas actuales, situarse en lo concreto y cuantificable y considerar posibles carencias futuras.

    1. El papel vital del Estado

    El trabajo que hay que abordar es, lógicamente, colectivo, y una de las urgencias consiste en mejorar y preservar la función del Estado, como garantía básica de que las necesidades de las clases subalternas podrán ser atendidas. Porque al margen de vuelos imaginativos, más o menos bucólicos, sobre la bondad intrínseca de comunidades de base adaptadas y autosostenibles, o de rancios tópicos neoliberales sobre las rigideces del Estado, las enseñanzas que brindan los casos de Vietnam y Kerala durante la pandemia ilustran lo importante que es disponer de un Estado que garantice y canalice unos mínimos de supervivencia (sin que ello suponga establecer analogías que están fuera de lugar). Y no hay que olvidar el caso del papel clave jugado por el Estado en el colapso provocado por el período especial en Cuba.

    Si no existe un Estado plenamente operativo, se llega a lo que desde el discurso dominante llama Estado fallido, es decir, aquel en el que las clases subalternas sufren la violencia arbitraria de grupos armados (mafias o señores de la guerra) mientras las clases dominantes aseguran sus privilegios mediante violencia privada.

    1. El papel vital de la geopolítica

    Dejando a un lado la hipótesis bélica global, se impone afrontar el papel de la geopolítica en un doble sentido: como análisis de los recursos de los que debe disponer el Estado para cubrir las necesidades materiales básicas y como análisis de las estrategias de otros estados en la misma línea. Conocer estudios realizados hasta el momento, manteniendo siempre un punto de vista crítico sobre su contenido [6], permite una visión más realista y de conjunto que la que ofrecen los clásicos documentos sobre alternativas sectoriales.

    1. Líneas de incidencia

    No vender humo, según el acertado diagnóstico de Julio Anguita que encabeza este artículo, requiere una implicación de todas las partes conscientes del colapso global más allá de los discursos. El nivel de ignorancia sobre el colapso es enorme (basta revisar lo que aún se desconoce del y sobre el coronavirus), y las clases subalternas lo afrontan desde una situación que supera las clásicas —y estériles— discusiones entre las izquierdas sobre la denominada línea correcta. El diagnóstico de Miguel Fuentes, aunque esquemático, contiene un gran fondo de verdad.

    Y es que la ausencia de certezas impide discernir un curso de acción correcto que invalide a los otros; la única opción es una reflexión que marque criterios. Desde ese enfoque, tanto el ecosocialismo como el marxismo colapsista, el decrecimiento o la adaptación profunda ofrecen posibilidades de incidencia real, si superan lo que han venido haciendo hasta ahora.

    Así que no limitarse a vender humo exige: a) difundir documentos de elaboración y compromiso colectivo, no un agregado de brillantes artículos de opinión o respuestas individuales con adhesiones entre personas afines que lo apoyan, y que ahí quedan; b) ir más allá del nosotras/nosotros y el para todas y todos, definiendo un vosotras/vosotros y un ellas/ellos; c) detallar las denuncias más allá de cómodas generalizaciones, es decir, interpelar con nombres y apellidos a personas responsables y grupos implicados; d) plantear propuestas concretas de adaptación y contención, señalando responsabilidades de personas u organismos para su puesta en práctica, y yendo más allá de la política profesional aunque sin excluirla; e) no limitarse a redactar y publicar manifiestos que ahí quedan, sino hacer que el manifiesto sea el punto de partida de una campaña de seguimiento concreto, tenaz, reiterativa, perseverante en las denuncias y propuestas, evitando denunciar o proponer para retirarse luego, con toda dignidad, a un confortable “ya os lo dije” o al “llevo años explicándolo”; f) plantear todo lo anterior en el marco de los intereses materiales comunes de personas de las clases subalternas, no en un agregado de diversidades fragmentadas; g) incorporar y dar participación, en este proceso de preparación, desarrollo y seguimiento, a personas de dichas clases subalternas, considerando las contradicciones a corto y medio plazo que ello implica.

    Incidir es no situarse al margen de la política partidista o institucional y de las y los profesionales que viven de ella, pero no dejarse arrastrar por todo ello. Superar la dualidad entre izquierdas progresistas y derechas reaccionarias, huir de patriotismos o banderas. Significa interpelar desde lo concreto y lo social.

    1. Concreciones y amenazas

    Intervenir política y socialmente, tanto si se hace desde los países del centro del sistema como si se hace desde los de la periferia, significa tener presente siempre la reacción hostil de las clases dominantes a todos los niveles. Por tanto, limitarse sólo a reivindicar medidas que deben ser aplicadas por gobiernos y administraciones, sin disponer de sólidos mecanismos de participación e intervención arraigados en las clases subalternas, no tiene recorrido: los casos de Bernie Sanders y su estructura de apoyo y de Jeremy Corbyn y el sabotaje de su estrategia; el aprovechamiento de las desviaciones del gobierno de Bolivia para dar cobertura a nuevos modelos de golpe de Estado; el uso de interpretaciones de la “democracia” y del poder político para blindarse apartando a quienes no apoyan el modelo, los neogolpes de Estado usando a conveniencia interpretaciones de las leyes, etc., son ejemplos de que en el colapso juegan intereses que van mucho más allá de pedagogías inocentes o llamamientos sentimentales a “salvar el planeta”.

    Intervenciones

    Se trata de superar desconciertos, resistir la presión de las políticas inmediatas que imponen los miles de personas que viven de ella, superar apelaciones al pluralismo o la complejidad como justificación de estrategias para no moverse más allá del confort de las certezas compartidas, y afrontar conflictos que no se limitan al enunciado genérico de vías [7].

    Las implicaciones prácticas de la oposición a todo esto son fáciles de imaginar: resistencia a los cambios y discurso de distracción (como se ha comprobado también durante la pandemia), un discurso que se adapta a cada contexto político y social, que no permite traslaciones de experiencias de un país o región a otro.

    Desde el ecosocialismo, intervenir significa ir más allá de los manifiestos genéricos y entrar en lo enunciado en el punto 4 de este texto dentro del marco jurídico que corresponda. Desde el colapsismo marxista, intervenir es vincularse a las clases subalternas desarrollando actividades concretas para prevenir o mitigar los impactos del colapso y medios de cubrir variables de supervivencia básica (agua potable, alimento, cobijo, calor, frío, luz, movilidad, información y servicios sanitarios). Desde el decrecimiento, la intervención significa ir más allá de los éxitos, analizar también límites, insuficiencias y errores…, difundirlos y abrirse al debate sobre ellos. Desde la adaptación profunda, intervenir es no limitarse al aspecto espiritual, sino llevarla a la realidad material, mucho más dolorosa y desagradable.

    Y, en cada uno de los cuatro ámbitos globales, intervenir significa no cerrarse a los otros tres, debatir abiertamente entre todos, buscar un lenguaje común y entender que, ante el colapso global, no hay certezas, sino sólo aciertos parciales.

    Conclusión

    La especie humana no va a desaparecer a causa del colapso, pero millones de personas sufren y mueren todos los días en condiciones atroces, y muchas más sufrirán y morirán en tiempos inmediatos. La vida no se va a extinguir a causa del colapso, pero millones de especies y seres vivos serán destruidos. Las condiciones de vida en la Tierra cambiarán a causa del colapso, pero el planeta no se convertirá en inhabitable. Ante esta situación, intervenir significa una cosa diferente para cada persona o colectivo consciente de lo mucho que hay en juego.

    Para el autor de este texto significa, ante todo, dejar de publicar y pasar a actuar.

    Notas

    [1] Ecosocialismo: véanse “El ‘manifiesto ecosocialista’ treinta años después”, de Joaquim Sempere (referido al documento original de 1990) y Joel Kovel y Michael Löwy, “Manifiesto ecosocialista” (2001).

    [2] Decrecimiento: tras unas primeras formulaciones pintorescas y provocativas durante los años noventa, por parte de Serge Latouche, se concreta el movimiento internacional Degrowth y es objeto de un tratamiento sistemático y riguroso por parte del economista Tim Jackson en Prosperidad sin crecimiento (Icaria, 2009).

    [3] Miguel Fuentes, 9/3/2019. Para una lectura más cómoda (sin inserciones de publicidad), recogido en

    https://Model.blue/splash/zIGVsohG9CLeqeMKkpVu7Rr9rQgjZGotwthBiTvgOYnGCXIAawpVSKoXrTOoZzzJiIghwv367KXJWPSp89OXolWKzanxckCybeVLukQV_SLASH_E2UWtDR2HGaOXENjOlXCdr_SLASH_IrcXkvKwtxREm7b6VgfWn7YoydsGfRRJJFpWv5U4l0gIULCtryKiZSloeDQqP72K, pero publicado originalmente en https://Model.blue/splash/f8hdwIh1Ve0GgP9Q3Asmhy7igh_PLUS_Ej5rVaS26z45FkinNC7dP65fveUAktNaRE7Z8v6nE9f90wgnXrKx2tsBBJtGJvEUml8M_PLUS_u9c75966ZxsD2EXjtRIsCd9Cs9HE0dFr3QaPHNoxjHXIL5zmvIk6t3N4LFSIV4fpKtAZbeTPZU8gqzUn5wolAT829KKpZGzlG1OLE_PLUS_7E6Ai4FyQW46tBsH378fii9tLTr6T2hO1157I_EQUALS. Para la deriva catastrofista de brocha gruesa, véase la serie de pinturas Pesadillas, de Zdzisław Beksiński, o The Fall of Rome, de Thomas Coleque, que ilustran algunos de sus textos.

    [4] Véase la nota a pie de página n.º 70 del artículo “La crisis del coronavirus como momento del colapso ecosocial”, de Jorge Riechmann.

    [5] En el caso del cambio climático la contabilidad implica analizar la documentación existente a nivel de regiones y conectarla con los datos económicos y sociales sobre cobertura de necesidades básicas. Los informes del IPCC y de otras entidades (AEMETRIEMITECO, etc.).

    [6] En clave interna se puede comenzar por https://Model.blue/splash/kP_PLUS_mh1jqiJDGg9yY_PLUS_xVuwsaKeYsnLoNJqCZQqyqix6uyl3G_SLASH_ldVEFgXgCcSsVkuLd1HMnUHLR59UVEspMKInAxBHSqoZMrkSCy5eR_PLUS_svUqFnmHBSB0h2Kj9sRP5J6hI4 o https://Model.blue/splash/c2VuLL1QXXWZt7bzU65GKnUix9uuDG92Uu2fXQzX9UU1E_SLASH_XWeRAQZkg5NnflO_PLUS_xy2qAMVcMC2XP_SLASH_7wubqfHBkL8X1iZJb3U0H_SLASH_KQjaFi_PLUS_k8m_PLUS_xiZ1uTs3cEGqYLDdzeM_PLUS_W4vGyDATeN6Z6_SLASH_uGAXi0ph4uSlZFSitp_SLASH_n6Y9TQaEjjvQO4c67y_PLUS_ti2W0wcAZAokqI7YOPpkeaDoLMbsRhYsA_EQUALS_EQUALS, o por “Los españoles ante el cambio climático” (24/9/2019). En tendencias globales, por “Panorama de tendencias geopolíticas horizonte 2040”.

    [7] Véanse Carmen Molina Cañadas, “Política agroalimentaria para un mundo saqueado” (2/5/2020), Álvaro García Linera, “Pánico global y horizonte aleatorio” (5/4/2020), y “La crisis del coronavirus como momento del colapso ecosocial” (9/6/2020).

    Por Miguel Muñiz Gutiérrez | 11/07/2020

    [Miguel Muñiz Gutiérrez mantiene la web sobre energía y colapso https://Model.blue/splash/m1te6PfZ9_SLASH_D0BWFwaQle66MLGA6HyL3MDSzFzbuvQo_SLASH__PLUS_Uq6_SLASH_ZzjXdJBEF7I6qbd8FvZGkzr7_PLUS_kPa9LOupdgHVul9iir_PLUS_t1zs_PLUS_P6v5dSJqYURLQ40ZrEH692bmo5Ww7ab]


              

    Kerala blir första delstat I Indien att påbörja barriärfri turism   

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    Lighthouse Beach Kerala

    Turism för alla för att främja universell tillgänglighet” är ett initiativ från 2016 av FNs världsturismorganisation tänkt att underlätta turism för personer med olika nedsatt funktionsförmåga. Kerala blir första delstat i Indien att börja implementera den barriärfria turismen. 

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    Kerala lanserar ny global kampanj – Human by Nature!   

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    Kerala - Human by Nature

    Det är nio år sedan Keralas förra kampanj, Your Moment is Waiting, lanserades och nu är det altså dags för en ny. Med "Human by Nature" ska människor och natur förenas. Se den första kampanjfilmen här!

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    SCERT, Kerala released Official MAT & SAT Keys for NTSE 2019 Stage-1   

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    “State Council of Educational Research & Training (SCERT), Kerala has recently released the Official Answer Keys for NTSE 2019 Stage-1 Exam on its Official Website.” NTSE Stage-1 2019 exam was held on 18th Nov. 2018 at various centers in Kerala State. You can match your answer key with the respective official key. Check all four sets of ...

              

    Renault Duster 85 RXL 2012 model for sale in Kozhikode   

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    Renault Duster is a 2012 model car. Maroon coloured Car. Roof rail, Rear Wiper, Defogger etc are there in this Car. Renault Duster is in […]

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    Renault Duster Used Car 2013 model for sale in Kaniyapuram, Thiruvananthapuram, Kerala   

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    Renault Duster 2013 model Diesel used car for sale in Kaniyapuram,, Thiruvananthapuram (Trivandrum), Kerala, India This is a top model duster car It’s having a […]

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